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    Le match de nos supermarchés: caissière contre caisse automatique

    Chaque semaine, Sonia Arnal, la rédactrice en chef de Femina, croque dans on édito le quotidien avec humour et ironie. Ce 4 mars, ce sera sa préférence en matière de commissions… Lisez plutôt.

    Publié le 
    4 Mars 2018
     par 
    Sonia Arnal

    Sur la question des caisses automatiques, celles où l’on scanne soi-même ses articles, mon cœur balance. Cette manie de déléguer le job au client dans tous les secteurs possibles, a priori, ça m’énerve. Auparavant tu allais à l’aéroport, la charmante dame te remplissait et t’imprimait ton billet, maintenant tu fais tout toi-même, y compris ton pique-nique, parce que le repas servi avec amour, depuis l’invention du low-cost, tu peux marquer dommage.

    C’est pareil pour l’administration en ligne, c’est aussi un truc pour faire assumer aux citoyens des tâches naguère dévolues aux fonctionnaires. Maintenant, on le fait nous-même, mais nos impôts n’ont pas baissé pour autant. Bref, je flaire l’arnaque.

    La tentation de l’automate

    D’un autre côté, la patience n’étant pas précisément ma plus grande qualité et ce coin du magasin étant majoritairement fréquenté par des gens comme moi, pressés, il faut bien admettre que la perspective de m’épargner la file d’attente est de nature à me séduire. Donc souvent, j’y vais.

    En même temps, si je fais ce choix-là, je rate la conversation avec la mère des enfants qui étaient à l’école avec les miens, et tout le charme de «– Et les enfants, ça va? Ça va. – Et votre fille, elle en est où dans ses études? Ça va. – Et le travail? Ça va.». Là j’ai l’air de me moquer, mais c’est un peu le sel des commis qui s’en va si on ne peut plus maintenir des liens avec sa caissière.

    Bonheur en famille: 2 filles, un point c’est tout

    Parce qu’on en a tous une qu’on préfère, soyons francs, et parfois on est même d’accord de faire plus longtemps la queue pour passer chez elle plutôt que chez celle d’à côté, qui a moins de monde mais qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam.

    Du mal à lui demander de dire au revoir

    Et en partant, on lui dit «merci au revoir merci bonne journée merci au revoir» et elle nous répond pareil, alors que la caisse automatique, elle n’a pas encore intégré la fonction phatique du langage, elle est nulle.

    Il y a un point tout de même où elle est meilleure que la vraie caissière. Quand j’achète une bouteille de vin ou une bière, la mère des copains de classe de mes enfants la scanne tout droit et ne fait même pas mine de me jeter un regard scrutateur. Alors que l’automatique a le bon goût de tout bloquer et de clignoter comme une malade jusqu’à ce qu’une dame vienne vérifier si j’ai bien plus de 18 ans. C’est complètement crétin, mais chaque fois ça me fait rire.

    Succomber à «Février sans supermarché»?

     

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