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    «Bordel de mères»: le compte Instagram qui délie les langues sur la charge maternelle

    «Lâchez-nous l'utérus», tel est le credo du nouveau compte Instagram «Bordel de Mère» de la journaliste Fiona Schmidt ouvert le 18 avril 2019. L'objectif de ce nouveau forum qui compte d'ores et déjà plus de 10 000 fans? Dénoncer la charge maternelle que les mères et non-mères subissent quotidiennement.

    Publié le 
    25 Avril 2019
     par 
    Emmanuelle Birraux

    La charge maternelle? «C’est la somme des pressions et préjugés au sujet de la maternité que toutes les femmes intègrent dès l’enfance, et qui présentent la mère épanouie et bienveillante comme la norme, une part intégrante de l’identité féminine et le seul lifegoal qui vaille pour la femme» explique la journaliste et autrice Fiona Schmidt.

    Ainsi, pour la Française, autrice de l'essai «L'amour après #Metoo», la charge maternelle est une pression malsaine dont les femmes n’ont pas forcément conscience et qui génère un profond sentiment de culpabilité. Ces injonctions à être une mère parfaite ou à devenir mère tout court sont constantes et pèsent sur toutes: «Celles qui ne peuvent pas avoir d’enfants naturellement, les femmes qui ont recours à l’AMP (Aide Médicale de Procréation), les femmes qui veulent faire un enfant seul, les femmes homosexuelles, qu’elles soient en couple ou pas, les mères célibataires, les femmes qui n’ont qu’un seul enfant gâté, forcément…, les femmes qui en ont cinq (négligés, fatalement…), les femmes qui ont avorté...» explique-t-elle. 

    Mais ce n'est pas tout, selon Fiona Schmidt, ce poids psychologique concerne également: «les femmes qui ont des enfants avant 25 ans, les femmes qui en ont après 40 ans, les mères au foyer, les mères qui travaillent (toujours trop), les mères qui regrettent de l’être, les mères qui ont plus d’affinités avec l’un de leurs enfants, les mères qui n’ont aucune affinité avec leurs enfants, et puis toutes les autres, ces femmes débordées, déprimées, laxistes, absentes ou qui ne font pas correctement leur boulot censé être instinctif, naturel et épanouissant, bref, ces mères réputées "indignes" qui servent depuis toujours d’épouvantails dans le champ fantasmagorique d’une maternité uniformément sereine et bienheureuse.»

    En finir avec les tabous

    Sur le compte, les commentaires parlent d’une réalité que l’on évoque parfois avec ses copines. Sans aucun tabou, ils dénoncent également les idées reçues autour de la maternité et du désir d’enfant. Ils racontent aussi, entre autres, que mettre son enfant 15 minutes plus tôt à la sieste pour regarder un épisode de «Game of Thrones», ne fait pas de vous une mauvaise mère. Juste une personne, pour laquelle la vie en dehors de la maternité continue.

     

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    «Bordel de Mère» dénonce aussi le regard pas toujours bienveillant, empreint d’une certaine rivalité, que les femmes se lance parfois entre elles. Il évoque, par ailleurs, les pressions omniprésentes de l’entourage. Ainsi, dans des posts publiés par la journaliste, on peut lire, pêle-mêle: «Quoi vous avez eu un enfant à 20 ans? Mais vous n’avez jamais entendu parler des capotes?», «Maman à 40 ans? Mais ce sont les stars qui ont des enfants à cet âge!»...

    «Vous ne voulez pas d’enfant? Mais vous ne pensez qu’à vous! Vous verrez vous changerez d’avis»

    «Mais qui s’occupe des enfants quand vous travaillez?», «Ah votre mari vient chercher votre enfant à la crèche. Vous avez de la chance.», «Tu l’as voulu, tu assumes», ou encore; «Comment oses-tu avorter. Tu as pensé à toutes ces femmes qui ne peuvent pas avoir d’enfants?».

     

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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    «T’as pensé à»: le compte Instagram recense des témoignages sur la charge mentale

    Une libération de la parole, enfin 

    Au quotidien, «Bordel de mères» reçoit plus de 100 messages et de réactions spontanées, parce qu'il fait réagir, questionne. La parole semble se libérer sur la place publique. Pour Fiona Schmidt, il existe une constante dans tous ces témoignages: «Un fort sentiment de gratitude: toutes les personnes qui m’écrivent sont reconnaissantes de pouvoir enfin s’exprimer librement.»

    La recette du succès précoce de ce compte Instagram? Sa façon de revendiquer des questions liées à la maternité, aux difficultés qu’elle peut engendrer, et dans lesquelles les hommes ont aussi leur place. Preuves dans le fil de «Bordel de mères».

     

     
     
     
     

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

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